Chez ASI ®, Jean-Philippe Clair dirige l’Offre, le Marketing et la Communication, siège au COMEX et accompagne également les transformations liées à la Data et à l’IA. Une position qui lui donne un point de vue particulièrement concret sur un enjeu souvent difficile à saisir : comment continuer à créer du collectif lorsque les métiers, les outils et jusqu’au modèle économique de l’entreprise se transforment à grande vitesse ?
ASI, société à mission de près de 400 collaborateurs, est précisément confrontée à cette question. Ses développeurs et consultants voient l’intelligence artificielle modifier profondément leur façon de travailler. Pour Jean-Philippe, la réponse ne consiste surtout pas à prétendre avoir déjà toutes les réponses.
Il défend au contraire une forme d’humilité dans la communication : expliquer la direction prise, partager les convictions de l’entreprise, mais aussi reconnaître que certaines vérités d’aujourd’hui pourront être différentes dans six mois.
Cette transparence devient essentielle lorsqu’une transformation touche directement les compétences, les tâches et parfois les inquiétudes des collaborateurs.
Communiquer plus… sans ajouter au bruit
Jean-Philippe pointe un paradoxe que connaissent beaucoup de communicants : les collaborateurs demandent davantage d’informations sur la stratégie tout en disant recevoir déjà trop de messages.
Il ne croit pas à une recette définitive. Pour lui, il faut tester, écouter le terrain et ajuster régulièrement le niveau de communication.
Et surtout, ne pas tout faire reposer sur les canaux corporate.
Chez ASI, une conviction s’affirme : le management de proximité constitue probablement le meilleur relais pour contextualiser les messages et les rendre réellement utiles.
« Le vrai pouvoir, c’est le manager du terrain. »
Dans une entreprise où de nombreux consultants travaillent directement chez les clients, ce rôle est encore plus important. Le sentiment d’appartenance ne se construit pas uniquement depuis le siège ou le COMEX. Il se construit dans les interactions quotidiennes, autour des équipes et de leur manager.
Décentraliser la communication sans perdre la cohérence
Jean-Philippe questionne également le modèle d’une communication entièrement centralisée.
Plutôt que de considérer que la Direction de la Communication doit produire tous les messages, il préfère responsabiliser davantage les fonctions qui portent les sujets : RH, managers, métiers… avec une capacité d’orchestration permettant de conserver cohérence et lisibilité.
L’outil vient ensuite.
L’expérience d’ASI avec sa plateforme actuelle lui a d’ailleurs rappelé un principe simple : une technologie, aussi bonne soit-elle, ne crée pas l’engagement à elle seule. Sans animation, appropriation et conduite du changement, changer d’outil ne règle rien.
Une assurance… et du marketing
Reste une question récurrente pour les communicants : comment défendre l’investissement dans la communication interne lorsque tout semble aller correctement ?
Jean-Philippe propose de retourner le raisonnement.
Plutôt que de chercher uniquement à démontrer ce que rapporte la communication, il invite à regarder ce que coûte son absence : des messages stratégiques mal compris, des managers qui portent des discours différents voir dissonnants, une perte progressive d’alignement ou d’appartenance.
Sa formule résume bien sa vision :
« Pour moi, la communication interne, c’est un mix entre une assurance et du marketing. »
L’assurance protège quand les difficultés arrivent. Le marketing entretient l’envie, la compréhension et une dynamique positive.
Dans une période où l’IA oblige ASI à réinventer une partie de ses métiers, cette communication n’est donc pas simplement là pour raconter la transformation.
Elle doit permettre aux collaborateurs d’en devenir acteurs.
Un grand merci à Jean-Philippe Clair pour cet échange inspirant. Chez we advocacy notre mission est de redonner du pouvoir à la communication interne pour en faire un levier de culture, de marque et de performance collective.
Article publié initialement dans la newsletter LinkedIn Communications Internes de Thomas Artiguebieille.