Après plus de 30 ans passés à accompagner des organisations comme Danone, Sanofi, Ipsos, Mazars ou Onepoint, Gabriella Colletti, consultante en communication et engagement au sein de GC Communications, porte un regard particulièrement transversal sur la communication interne.
Un regard construit entre plusieurs cultures française et italienne notamment, mais aussi entre deux mondes : celui de l’entreprise et celui du conseil.
Et lorsqu’on lui demande ce qui fait vraiment la différence en communication interne, Gabriella ne commence ni par les outils, ni par les canaux.
Elle commence par la direction.
Pour elle, les organisations dans lesquelles la communication interne fonctionne le mieux ont un point commun : une vision d’entreprise claire, portée et incarnée par leurs dirigeants.
Chez Danone, Sanofi ou Ipsos, elle a pu observer combien cette incarnation facilite l’adhésion au projet collectif.
Une stratégie peut être parfaitement construite sur le papier. Si elle n’est pas comprise, expliquée et surtout incarnée, la communication interne aura beaucoup plus de mal à créer de l’engagement.
Mais cette vision doit ensuite réussir à parcourir toute l’organisation.
Et c’est là que le rôle du management de proximité devient déterminant.
Gabriella se souvient notamment de programmes menés chez Danone pour former les managers de première ligne aux enjeux de communication et installer des rituels permettant de transmettre et discuter les messages au plus près des équipes.
Car communiquer ne consiste pas simplement à simplifier un message.
Cela suppose surtout de respecter ceux auxquels on s’adresse.
Elle raconte avoir combattu certaines communications destinées aux populations industrielles, trop simplistes ou presque infantilisantes. Une approche d’autant moins pertinente aujourd’hui que tous les collaborateurs, quel que soit leur métier, évoluent dans le même environnement informationnel, utilisent les réseaux sociaux et sont exposés quotidiennement à des contenus de qualité.
L’enjeu n’est donc pas de parler plus simplement aux collaborateurs. Il est de rendre un sujet compréhensible sans jamais sous-estimer celui qui le reçoit.
Cette exigence devient encore plus forte dans un contexte de saturation de l’attention.
Les salariés sont sollicités de toutes parts : messages corporate, projets de transformation, outils collaboratifs, réseaux sociaux, informations externes…
Pour Gabriella, la question n’est donc plus seulement : avons-nous diffusé l’information ?
Mais plutôt : avons-nous créé les conditions pour qu’elle soit entendue et discutée ?
Cela implique aussi de sortir d’une vision purement descendante de la communication interne.
« Il ne s’agit pas simplement d’être la voix du patron. »
Le communicant doit aller sur le terrain, écouter, comprendre les différentes cultures de l’entreprise et créer une conversation avec les collaborateurs.
Gabriella utilise une expression qui résume bien cette posture : être une « stratège ouvrière ».
Savoir penser la stratégie, mais aussi aller là où elle se vit réellement.
Cette approche peut également permettre à la communication interne de gagner en influence. Plutôt que de défendre uniquement un budget de communication, Gabriella recommande de rattacher davantage la fonction aux grands projets de l’entreprise : transformations, acquisitions, réorganisations, évolutions digitales ou nouvelles façons de travailler.
Autrement dit, démontrer que la communication ne vient pas accompagner le projet à la fin.
Elle fait partie des conditions de sa réussite.
Et avec l’IA, les transformations qui arrivent rendent probablement cette conviction encore plus actuelle : la technologie peut changer très vite. L’adhésion humaine, elle, ne se décrète toujours pas.
Un grand merci à Gabriella Colletti pour leur témoignage de qualité.
Chez we advocacy notre mission est de redonner du pouvoir à la communication interne pour en faire un levier de culture, de marque et de performance collective.
Article publié initialement dans la newsletter LinkedIn Communications Internes de Thomas Artiguebieille.