Au Groupe Mutuel, assureur suisse qui compte environ 3 000 collaborateurs répartis sur cinq sites principaux et une quarantaine d’agences, Kathia Jerbi dirige depuis six ans la communication interne et le service de traduction.
Avec une équipe de trois personnes dédiée à la communication interne, elle compose avec une réalité particulièrement intéressante : plusieurs langues, plusieurs cultures, des métiers très différents… et des collaborateurs qui n’ont pas tous les mêmes attentes face à l’information.
Une complexité qui lui a appris une chose : ce que l’entreprise veut raconter n’est pas toujours ce que les collaborateurs veulent entendre.
Entre stratégie d’entreprise et logistique
L’exemple est parlant.
Lors d’un échange en ligne avec le CEO, Kathia constate un véritable décalage. Là où la direction s’attend à parler uniquement de stratégie, les collaborateurs remontent également des préoccupations beaucoup plus immédiates. Sur un site récemment réorganisé, le sujet qui revient est… le manque de places de parking.
Ce n’est pas anecdotique.
Pour Kathia, c’est précisément l’un des rôles de la communication interne : comprendre ces deux réalités et réduire la distance entre elles.
Cela passe aussi par les formats. Le Groupe Mutuel organise deux fois par an des roadshows durant lesquels la direction se déplace à la rencontre des équipes. Les collaborateurs peuvent poser leurs questions directement via Slido. Les dirigeants y répondent en direct, sans avoir nécessairement préparé leurs réponses.
Une façon de rendre la direction plus accessible, mais aussi de l’exposer réellement aux préoccupations du terrain.
Ce qui engage le plus ? Les autres collaborateurs
Les statistiques de consultation de l’intranet sont assez claires.
Les contenus institutionnels sont utiles. Les informations RH très pratiques sont fortement consultées. Mais lorsqu’il s’agit de créer de l’engagement et du lien, les formats humains prennent une autre dimension.
L’entreprise réalise également des reportages dans des équipes peu connues, parfois avec une production volontairement très simple. Kathia cite notamment un reportage consacré aux trois collaborateurs du centre d’impression interne, filmés dans leur environnement de travail, sans discours préparé.
Résultat : un fort capital sympathie et beaucoup d’interactions.
Même constat avec la vidéo de fin d’année. Plutôt qu’un traditionnel discours de quinze minutes de la direction, les équipes sont allées demander aux collaborateurs, partout en Suisse, quel avait été leur meilleur moment de l’année.
« Ce qui les intéresse avant tout dans une entreprise, c’est l’humain. »
Ne pas esquiver les sujets qui inquiètent
Cette proximité n’empêche pas d’aborder des sujets beaucoup plus difficiles.
Fermeture d’agences, intelligence artificielle, transformation de certains métiers : au Groupe Mutuel, le choix est plutôt celui de la transparence.
L’objectif n’est pas de rassurer à tout prix, mais d’expliquer ce qui se passe, ce qui va changer et comment l’entreprise compte accompagner les collaborateurs.
Cette approche repose aussi sur une relation de confiance construite avec la direction au fil des années.
Et c’est probablement l’un des enseignements les plus intéressants de l’expérience de Kathia Jerbi : la communication interne ne consiste pas simplement à rapprocher les collaborateurs de la stratégie.
Elle consiste aussi à rapprocher la stratégie de la réalité des collaborateurs.
Un grand merci à Kathia Jerbi pour son témoignage de qualité.
Chez we advocacy notre mission est de redonner du pouvoir à la communication interne pour en faire un levier de culture, de marque et de performance collective.
Article publié initialement dans la newsletter LinkedIn Communications Internes de Thomas Artiguebieille.